Les technologues africains tirent la sonnette d'alarme alors qu'Ebola s'aggrave et que le président de la RD Congo se rend à l'ONU
18 juillet 2026
Alors que la République démocratique du Congo assume la présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies et que le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo s'adresse à la communauté internationale, le Forum africain de réponse technologique aux urgences (AETRF) appelle à une solidarité internationale urgente et à un renforcement du leadership national face à l'aggravation rapide de l'épidémie d'Ebola.
L'épidémie, initialement concentrée dans la province de l'Ituri, a continué de s'étendre, mettant les communautés, les agents de santé et des systèmes de santé déjà fragiles sous une pression extraordinaire. L'AETRF reconnaît les efforts du gouvernement de la RDC, des institutions sanitaires nationales, des intervenants de première ligne, des organisations locales et des partenaires internationaux travaillant dans des conditions extrêmement difficiles.
Cependant, les rapports des communautés et des intervenants sur le terrain indiquent que des défis opérationnels importants subsistent. S'appuyant sur les recommandations de la Coalition Basandja des peuples autochtones et des communautés locales, ainsi que sur des consultations avec des professionnels de la santé et de la technologie en Ituri, l'AETRF appelle respectueusement aux actions suivantes :
- Renforcer la coordination stratégique de la riposte. L'expansion rapide de l'épidémie exige une chaîne de commandement claire, réactive et responsable, soutenue par des informations fiables et une prise de décision rapide aux niveaux national, provincial et local.
- S'appuyer sur l'expérience de la RDC en matière de ripostes antérieures contre Ebola. La RDC possède des connaissances institutionnelles considérables et une expertise internationalement reconnue dans la gestion d'Ebola. Les professionnels et équipes congolais expérimentés des ripostes précédentes doivent être pleinement mobilisés.
- Protéger les agents de santé de première ligne. Des mesures urgentes sont nécessaires pour renforcer la prévention et le contrôle des infections, garantir des fournitures adéquates d'équipements de protection individuelle et assurer des conditions de travail sûres.
- Assurer le paiement ponctuel du personnel de riposte. Les retards de paiement des travailleurs de première ligne affaiblissent le moral, perturbent les opérations et sapent la confiance. Des systèmes transparents et fiables doivent être mis en place.
- Renforcer la gouvernance, la transparence et la responsabilité. Des rapports clairs sur les ressources, les responsabilités et les résultats de la riposte sont essentiels. Une évaluation opérationnelle indépendante aiderait à identifier les lacunes.
- Placer les communautés au centre de la riposte. La confiance communautaire est fondamentale pour une surveillance efficace, le traçage des contacts, les enterrements sûrs et dignes, le traitement et la prévention. Les organisations de la société civile locale, les leaders communautaires, les survivants et les relais communautaires doivent être traités comme des partenaires essentiels.
- Mobiliser un soutien international urgent et durable. La RDC ne peut affronter seule une urgence de cette ampleur. L'AETRF exhorte les Nations Unies, l'Union africaine, l'Africa CDC, les institutions sanitaires internationales, les donateurs et les partenaires technologiques à fournir le soutien financier, technique et logistique nécessaire.
Comment l'AETRF peut contribuer
L'AETRF est un réseau africain de professionnels de la technologie sur le continent et dans la diaspora, engagé dans le soutien aux ripostes aux urgences de santé publique. Nous avons fourni des solutions vitales mises en œuvre lors de la crise Ebola de 2014 en Afrique de l'Ouest, dont beaucoup sont encore utilisées aujourd'hui. La crise est une opportunité de construire des réponses résilientes centrées sur les communautés.
En collaboration avec la Coalition Basandja, les professionnels de la santé et les équipes technologiques locales, l'AETRF est en mesure de soutenir la riposte à travers :
- La réalisation d'évaluations des besoins avec les centres de traitement Ebola et les équipes de première ligne ;
- Le soutien à l'amélioration des outils numériques de riposte développés localement ;
- Le renforcement des systèmes de traçage des contacts et la réduction de la dépendance aux processus fragmentés sur papier ;
- Le soutien à l'intégration appropriée avec les systèmes nationaux d'information sanitaire, y compris DHIS2 ;
- L'amélioration de la collecte, de l'analyse, du reporting et de la visibilité opérationnelle des données ;
- La mobilisation de technologues africains et de la diaspora pour fournir une assistance technique ;
- Le renforcement de la coordination entre les agents de santé, les intervenants communautaires, la société civile et les équipes technologiques ;
- La promotion d'approches sécurisées, éthiques et centrées sur la communauté en matière de données de santé.
La technologie seule ne mettra pas fin à cette épidémie. Elle doit être guidée par l'expertise en santé publique, la confiance communautaire, un leadership responsable et les réalités auxquelles font face les intervenants sur le terrain. L'AETRF se tient donc prêt à travailler sous la direction des institutions congolaises compétentes et en coordination avec les partenaires locaux et internationaux.
L'engagement du président Tshisekedi aux Nations Unies offre une opportunité importante de mobiliser le monde. Il doit également renforcer un engagement national en faveur d'une coordination transparente, de la protection des travailleurs de première ligne, du leadership communautaire et de l'utilisation efficace de l'expertise congolaise.
La RDC a affronté et surmonté des épidémies d'Ebola par le passé. Avec une action urgente, un leadership responsable et une véritable solidarité internationale, elle peut le faire à nouveau.